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Issue d’une première exposition à titre privé en 1978, la Triennale de Bex a débuté son activité en 1981, devenant dès lors, dans la multitude des différentes manifestations de sculpture en plein air en Suisse, une institution artistique incontournable.

Accueil

TRIENNALE 1981

Sculpteurs romands

TRIENNALE 1984

Sculpteurs suisses

TRIENNALE 1987

Traces du sacré

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 1990

Le Dormeur du Val

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 1993

Mise en scène

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 1996

Babylone, un jardin suspendu

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 1999

Mémoires, paysages intérieurs

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 2002

Noces

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 2005

Le goût du sel

Commissaire :
Nicolas Raboud

TRIENNALE 2008

Lasciami

Commissaire :
Nicolas Raboud

Triennale 2011

Territoires

Commissaires d’exposition :
Noémie Enz
Pascal Häusermann
Jessica Schupbach

Triennale 2014

Emergences

Curatrices :
Noémie Enz
Jessica Schupbach

 

Triennale 2017

Energie

 

Direction artistique :
Catherine Bolle

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La Triennale Bex & Arts est issue d’une exposition de sculpture organisée en 1978 par le sculpteur André Raboud et par ses amis Suzanne et Pascal Cadosch, dans la propriété de la Tour de Duin, au dessus de Bex. Elle présentait 9 sculpteurs suisses romands : Daniel Galley, André Gigon, Charles de Montaigu, Marco Pellegrini, Fred Perrin, André Raboud, Albert Rouiller, Claude Tièche et André-Paul Zeller.

En 1981, sous l’impulsion d’Aimé Desarzens, alors syndic de Bex, l’exposition bénéficie du soutien de la Commune et un comité d’organisation se met en place. C’est à ce moment que l’exposition de sculpture contemporaine Bex & Arts prend la forme d’une triennale.

Bex & Arts 1981 et Bex & Arts 1984 se déroulent en plusieurs lieux de Bex, notamment à la Tour Duin, dans le parc de Szilassy, au Château Feuillet et à l’Hôtel de Ville.

À partir de 1987, le comité d’organisation s’adjoint comme curateur l’historien de l’art Nicolas Raboud et le parc de Szilassy est choisi comme lieu unique d’exposition.

Portraits des pionnier·e·s

Suzanne Cadosch

Feuilleter l’album d’un événement culturel nommé Bex & Arts pour en retrouver la toute première image, l’étincelle du souffle de vie initial, c’est s’attarder sur celles et ceux qui en ont pensé et écrit la première page. Au commencement de cette belle aventure, deux chemins qui se croisent sur des sentiers artistiques au hasard d’un heureux caprice du destin. «En 1968, j’ai suivi un cours de théâtre à Aigle donné par Gil Pidoux. C’est là que j’ai rencontré André Raboud. Depuis, André et moi, on ne s’est plus quitté», raconte Suzanne Cadosch. Un homme, une femme, un tandem de bâtisseurs qui allaient, dix ans plus tard, en 1978,  poser la première pierre d’un édifice qui ne s’appelait pas encore Bex & Arts.

Née à Aubonne, Suzanne Polier – qui allait devenir plus tard Suzanne Cadosch en épousant Pascal – a trempé dans un bain artistique dès son plus jeune âge. «J’ai grandi dans un milieu hautement musical, ma grand-mère et ma tante étaient violoniste et pianiste. J’ai fait un peu de guitare, mais comme on a déménagé une dizaine de fois avec mes parents,  en suivant les pérégrinations de mon père, artiste et comédien, il a été difficile de persévérer, faute de stabilité. » Dès l’adolescence, Suzanne s’éprend fortement de culture, tous horizons confondus. A une exception près. « C’est grâce à André Raboud que je suis venue à la sculpture ; avant, je ne connaissais guère que les œuvres de Constantin Brancusi », admet très modestement la dame qui revendique des goûts culturels très éclectiques.

C’est en 1977 que germe dans les cerveaux du tandem Cadosch-Raboud l’idée d’une exposition qui permettrait d’initier à la culture contemporaine les habitants de Bex et du Chablais. Qui plus est, de faire rayonner la région ailleurs en Suisse. Le choix du lieu s’est rapidement imposé : le magnifique parc ombragé de grands chênes  de la Tour de Duin, propriété de la famille Cadosch, semblait tout indiqué. Un an plus tard, le 8 juin, le vernissage de cette première expo en plein air battait son plein. «Entrée gratuite, atmosphère festive, belles rencontres, échanges, partage, notre façon d’orchestrer les choses était très artisanale. Les artistes présents se montraient disponibles et très accessibles. C’était une autre époque».

L’expo 78 ayant été une réussite, l’idée d’une suite a rapidement fait son chemin. La commune, sous l’impulsion du syndic d’alors Aimé Desarzens, entre en jeu et accorde son soutien à la manifestation. Si jusqu’ici l’époux de Suzanne, Pascal Cadosch, qui n’était pas étranger au projet, était resté en retrait à cause de sa fonction de conseiller municipal, celui-ci va aussi entrer en scène. Il occupera la présidence du premier comité d’organisation de ce qui deviendra, à partir de cette deuxième édition en 1981, la Triennale Bex & Arts. Quant à Aimé Desarzens, il prendra le présidence de la Fondation créée en 1989. Chassé-croisé, passage de témoin…  Lorsque le monde politique s’empare de l’aventure, Suzanne décide de se retirer en coulisse.

Initiatrice inspirée et inspirante, toujours aussi enthousiaste, elle nous lègue cette jolie phrase en guise de résumé d’une existence: «J’ai été un peu la muse des artistes». Une pionnière aussi…

André Raboud

«Il n’y a pas de point de départ ou d’arrivée, juste une continuité.» Qu’André Raboud nous pardonne, lui qui signe ces mots tirés d’un ouvrage qui lui est dédié et qui s’intitule «Retour aux sources». En effet, si l’on contredit son propos, c’est pour mieux remonter aux sources de la saga Bex & Arts. Et il se trouve qu’il en est la pierre angulaire, en tandem avec Suzanne Cadosch. Une rencontre en 68, des liens qui se tissent et qui vont les amener à orchestrer la première partition de la Triennale bellerine en 1978.

«Avec Suzanne, on a tout de suite sympathisé. Quant à son mari, Pascal, il est devenu mon meilleur pote, quelqu’un de si proche qu’on n’avait même plus besoin de parler», confie l’artiste qui, distinction rare pour un Suisse, a été salué en 2017 par le Prix de la Fondation Gianadda décerné par l’Académie des Beaux Art à Paris.

 

Comment a germé cette belle idée de sortir les sculptures des ateliers et galeries pour leur offrir un jardin? D’expériences précédentes qui s’étaient gravées dans sa tête : Gambarogno (Tessin) et ses statues monumentales en 1968, d’expos d’artistes d’aura internationale au parc Mon-Repos à Lausanne, organisées par le galeriste Henry Meyer dans les années 70.

Quant à son carnet d’adresses, il regorgeait de grands noms, dont Angel Duarte, Olivier Estoppey, Bernhard Luginbühl, René Moser… André Raboud assumera la lourde tâche de gérer les expos de 78, de 81 («Sculpteurs romands»), de 84 («Sculpteurs suisses»), avant de passer le relais à son cousin Nicolas Raboud, commissaire de la manifestation jusqu’en 2011. «C’était un travail qui me prenait beaucoup de temps. Cela devenait trop lourd à porter.» Au rayon des regrets, il en avouera un: «J’aurais voulu avoir Jean Tinguely. Malheureusement, il n’était pas disponible. Il m’avait promis une œuvre pour l’édition suivante. La vie en a décidé autrement, puisque, entre temps, la mort l’a happé.»

Né en 1949, André Raboud saura très vite quel est le feu qui consume son cœur. A 14 ans, il confie à son père valaisan et sa mère française qu’il veut être artiste.  Sans succès. On l’incitera à faire un apprentissage de décorateur. Et c’est par ce biais-là que, clin d’œil du destin, il va découvrir sa vraie vocation. «On m’avait demandé de réaliser un décor en trois dimensions pour une vitrine. J’ai récupéré des bouts de ferraille dans les entrepôts de l’entreprise Giovanola à Monthey, je me suis mis à les souder et ça a provoqué l’étincelle. Je suis tombé dans la sculpture et je n’en suis plus ressorti.»

Sa carrière démarre sur des chapeaux de roue. Première expo en 1969 à Monthey, première expo parisienne en 1975 à la galerie Marie-France Bourély… Ouvert sur le monde et sur les autres, sa trajectoire sera pavée de rencontres aussi déterminantes que fortuites. «De ce côté-là, j’ai toujours eu énormément de chance. J’ai croisé le chemin de Suzanne de Coninck, historienne de l’art attachée au musée d’Art moderne de Paris. Elle tenait une galerie où elle exposait notamment Constantin Brancusi. Elle me commande trois sculptures monumentales à exposer et les trois ont été vendues!» A Thonon, à la Maison de la culture, on lui présente l’écrivain Michel Butor. Une amitié forte se tisse. Elle se concrétisera par une œuvre commune, un livre paru sous le titre «Sculpture 1969-1999» :  «Lorsque j’ai fait appel à lui, il m’a rétorqué qu’il n’était pas critique d’art. Il m’a alors suggéré de lui confier les photos des œuvres présentées pour qu’il rédige les textes. Ensuite, c’était à moi de faire coïncider ses écrits avec les différentes images.» Un sacré joueur, l’ami Butor…

Sacré, un mot qui trouve son écho dans toutes les œuvres de ce poète qui dialogue avec les pierres, les modèle pour en faire jaillir l’indicible, pour donner chair à l’émotion. «J’ai eu deux révélations fortes. La première lors d’un voyage au Guatemala, sur le site maya de Tikal, en pleine forêt vierge. Quand j’ai pénétré dans cet immense temple, j’ai été comme pris de frissons, je me suis dit il se passe quelque chose. J’ai ressenti une présence, une sorte de résonnance, comme si j’entrais en contact avec l’univers. La seconde, c’était dans la cathédrale de Chartres. A l’intérieur, un organiste jouait. Là encore, j’ai été saisi par une sensation d’élévation indéfinissable.» Tailler, donner un souffle de vie à des matériaux inanimés, ériger des stèles, des monolithes qui dialoguent avec le ciel, créer des volumes qui transcendent la pesanteur, tel est l’inlassable quête de cet artiste qui n’a de cesse de réinventer ses mythologies personnelles.

Gitan amoureux des îles, il aime à se nourrir d’ailleurs pour s’affranchir, se libérer des entraves et plonger dans l’inconnu. Tobago, Belize, les petites Antilles, le Japon où il a séjourné durant 2 ans et demi, Madagascar, tels sont, parmi d’autres, les échappées belles qui ont nourri la géographie intime de ce passionné d’art et d’ailleurs qui promène ses valises entre Saint-Triphon et Tarascon.

Aimé Desarzens

Exercice périlleux s’il en est que de résumer en quelques lignes la vie et les multiples activités d’Aimé Desarzens. Tour à tour barman, graphiste, typographe, maître de dessin, dessinateur architecte, il a mené parallèlement une carrière politique marathonienne : conseiller communal, puis municipal et syndic (1978 à 1993) de Bex, enfin député socialiste au Grand Conseil (1970 à 1990). Ce touche-à-tout a aussi joué un rôle de premier plan dans l’essor de la Triennale Bex & Arts.

Né en 1923, il a développé très tôt sa fibre sociale : dès l’âge de 15 ans, élevé à la dure lorsque son père lui faisait « casser des cailloux » dans la carrière familiale de Gipsunion, il a été révolté par la manière dont étaient traités les ouvriers. Il sera dès lors toujours du côté des opprimés et des démunis. Cette conviction profonde lui a notamment fait répondre favorablement à la demande des autorités fédérales d’ouvrir un centre d’hébergement pour requérants d’asile dans sa commune en 1982 et l’a incité à créer le service social régional. A chaque fois, le syndic cherchait à convaincre au lieu d’imposer, s’entourait de groupes d’appui multipartis et impliquait la société civile pour faire passer les projets auxquels il croyait. Ajoutons encore pour compléter le tableau le jumelage en 1979 avec la ville allemande de Tüttlingen, qui officialisait 21 ans d’échanges scolaires.

Le social et le politique d’un côté, la culture de l’autre. Très jeune, Aimé Desarzens a été attiré par les arts. Contraint par son père à faire un apprentissage dans l’hôtellerie, il a ensuite suivi une formation aux beaux-arts et a appris l’art du portrait avec Frédéric Rouge. Des années plus tard, en 1978, devenu syndic et soucieux de dynamiser la vie sociale et culturelle de sa commune, il voit tout l’intérêt qu’elle aurait à reprendre l’idée de l’exposition de sculpture contemporaine organisée par André Raboud et le couple Cadosch dans les jardins de la Tour de Duin. L’impulsion est donnée : dès 1981, Aimé Desarzens sera l’un des promoteurs et des plus fervents partisans de la triennale. « Il faut faire descendre la culture dans la rue, faire participer la population et offrir une vitrine aux artistes romands », se plaisait à clamer ce syndic proche de ses administrés, qui portait parfaitement son prénom.

Rassembleur, au-dessus des querelles partisanes, enthousiaste, Aimé Desarzens a été à l’origine de nombre d’autres projets artistiques. En plus du Comptoir de Bex qu’il a toujours soutenu, c’est grâce à l’une de ses initiatives que la Commission culturelle de Bex a vu le jour, qui propose chaque année des concerts, des spectacles, du théâtre et des expositions. On le retrouve aussi derrière les Ateliers de Solalex, organisés annuellement en alternance avec la commune de Gryon et qui font la part belle à l’artisanat, à la peinture et à la poterie. Et s’il n’était lui-même pas musicien, Aimé Desarzens a créé la Cave à jazz en 1976, qui a programmé des concerts pendant 17 ans, où se sont notamment produits ses deux fils et son beau-fils. Cave qui s’est muée en Trappe en 1993, qui a accueilli jusqu’en 2008 divers spectacles d’humour, de chanson puis des groupes de musique plus « jeunes ».

Toujours à l’écoute des autres, bon vivant, connu pour ses bracelets, son collier et sa lavallière comme pour ses coups de gueule et son combat contre les déchets nucléaires de la Cedra, Aimé Desarzens ne manquait jamais une occasion de dire que la culture est un extraordinaire moyen de communication.

Catalogues

L'exposition sera ouverte tous les jours
Du 22 juin au 18 octobre 2020
De 10h à 19h

Offre de médiation

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OBJETS TROUVÉS
Les objets trouvés sont gardés jusqu'à la fin de la triennale, prière de s'adresser au numéro
+41 79 780 18 80

Infos pratiques

TARIFS

Adultes : CHF 16.-
Réduits (AVS, AI, étudiants, 14-18 ans, détenteurs d’une carte ICOM, AIAP ou VISARTE) : CHF 12.-
Enfants de 7 à 13 ans : CHF 5.–
Enfants jusqu’à 6 ans : gratuit

Carte permanente : CHF 30

Paiement par carte ou espèces

PARTENARIATS

Profitez de tarifs réduits sur présentation :

  • d’un billet d’entrée au Château d’Aigle ou aux Mines de Sel
  • du Pass’Agaune
  • d’un billet pour le Cully Jazz 2020 ou le spectacle 2020 de Sektor 1

BUVETTE

Une Buvette, installée dans un bâtiment historique à l’entrée du Parc, propose des boissons (avec et sans alcool) et de la petite restauration froide. Produits locaux et bios. Vous pouvez consulter la carte ici

Horaire : tous les jours dès 11h30, fermeture à 19h

Paiement en espèces ou par carte

Il est possible de réserver une table : 079 780 18 80

DEMANDES SPECIALES
info@bexarts.ch
ou
+41 79 780 18 80

Chiens tenus en laisse acceptés

ACCÈS

Parkings au centre ville

Accès en voiture jusqu’à la buvette sur demande pour les personnes à mobilité réduite

Transports publics jusqu’à Bex, train CFF jusqu’à Bex gare puis train TPC jusqu’à Bex Place du Marché puis 5 min à pied depuis Bex Place du Marché